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Verlaine, histoire d'un corps
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indisponible
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Buisine, Alain
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À celles et ceux que la vie de Verlaine intéresse, je me permets de recommander l'excellent ouvrage de Buisine : une biographie originale et
passionnante.
Originale, car ici l'auteur se propose d'écrire, non la biographie, mais
la « corpographie » de Verlaine, qui se « distinguera radicalement
de toutes celles (biographies) de mes prédécesseurs » (Avant-propos).
Ce qui rend le travail de Buisine absolument passionnant, c'est justement
ce parti pris du corps de Verlaine, qu'il réhabilite en quelque sorte, partant du
principe que « [c]e serait occulter [en outre] que le poète fait de l'exhibition
même de son corps déchu une composante essentielle, décisive de sa posture poétique...» (Avant-propos).
La corpographie de Buisine a pour but de « mettre un terme à cette
entreprise si typique de la critique verlainienne », « entreprise dissociative »,
qui consiste « à sauver le corpus poétique du corps de l'écrivain ».
Verlaine, dit-on, était laid : « Verlaine (...) était affligé d'une
laideur intense. (...) dans sa jeunesse, il était d'une laideur grotesque; il
ressemblait (...) à un singe (...) Le pauvre garçon savait très bien l'effet
repoussant qu'il produisait. » (Edmond Lepelletier, biographe du poète). Et dès lors, bon nombre de biographes, férocement dénoncés par l'auteur (parce que Buisine est d'une causticité redoutable! Et croyez-moi, ça balance dans l'avant-propos!!! Exemple : « l'inévitable biographie d'Henri Troyat qui poursuit imperturbablement son aplatissement et son massacre des grands écrivains français du XIXe siècle. » Voilà! Le ton est donné...) se sont attachés à « ridiculiser, enlaidir, simplifier (...) le corps de Verlaine », niant ainsi « son travail d'écrivain ». Et l'avant-propos abonde d'exemples plus incroyables les uns que les autres : que n'a-t-on pas dit de Verlaine!!! « C'est un effrayant dégénéré, au crâne asymétrique et au visage mongoloïde ». Ici, l'auteur cite « l'abominable Max Nordau » (sic!).
Mais comment ce monstre pourrait-il abriter une âme de poète??? Certains
s'étonnent du phénomène, d'autres, moins sensibles au talent du poète, semblent raisonner de travers comme les esclavagistes dénoncés par Montesquieu : « On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. » (De l'esclavage des nègres, Montesquieu).
Stop! dit Buisine. On arrête le massacre!!! Halte à la connerie!!!
1- Verlaine n'a pas toujours été cet être déchu, déformé par les excès
qu'on nous présente. Et l'autre Verlaine, alors?
2- « Ce monsieur crut plaisant de me couper en deux :
le poète, très chic, l'homme, une sale bête. » (Verlaine, Invective) :
un parti pris qui est stupide!!!! Le corps du poète, c'est le poète. « Le corps en représentation fait ici partie du corpus poétique » (Avant-propos).
3- L'histoire du corps de Verlaine est une « extraordinnaire expérience
de "body-art", [cette] douloureuse et suicidaire performance que constitue
son odyssée poétique d'alcoolique ». (Avant-propos).
Voilà! J'ai tellement cité l'avant-propos que vous n'aurez même plus à
le lire!
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Chris Cougar
(24 critiques, cliquez pour les voir)
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Genre : Biographie
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3/1/2003
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